Nous entendons des odes à la Fraternité, émanant tant de la gauche que de la droite. Bien !
Mais dès qu'il s'agit d'élections de tous ordres, de débats politiques, les mots qui sortent sont : "Il faut gagner la bataille", "nous gagnerons ce combat", ce soir à la télé "Duel machin-bidule".
Mais où sommes-nous donc ? Vivons-nous dans la "Caverne d'Ubu" ? La majorité des guerres n'étant plus qu'économiques, faut-il des exutoires nationaux ? Des guerres civiles larvées ? Nostalgie et mise en pratique interne du fameux "Sang impur" qui doit abreuver nos sillons ? Non madame, non monsieur, les élections ne sont pas des guerres ni des combats ; le fait de se faire élire est fondé sur l'adhésion, il faut faire attention à son état d'Esprit, à sa terminologie ! Il s'agit d'affinités électives, pas de massues ni de gourdins.
Même s'il est vrai qu'un des aspects majeurs de la vie est le combat, d'où la beauté de la compassion et la dureté du Talion, et qu'il serait naïf de nier cet aspect, pouvons-nous qualifier aussi systématiquement des élections de combats ? L'objet de la res publica et de la politique, n'est-il pas de tendre vers le mieux-être de la cité, sur un mode le plus pacifique possible ? Remarquez que je ne parle toujours pas de bonheur, mirage, abstraction primaire de manipulation de masse.
En résumé, encore une fois donc, on se targue de bon sens, on nous fait la morale, alors qu'on est en patente contradiction, gauche et droite confondues. Cela ne m'amuse mais pas du tout. Faut-il tourner sept fois ses idées dans sa tête avant de les émettre ? Ou surtout, faut-il être plus conscient, plus aimant pour de vrai, plus cohérent, plus inclusif ?
Sun Tzu est-il le seul maître à penser des politiques ?
A propos de guerres civiles larvées, en poussant certes la caricature à l'extrême, il y en a une qui me vient souvent en tête, mondiale elle. Celle du commerce à outrance, consistant à tirer à tout prix le blé de la poche du voisin, quitte à le mettre sur la paille, à le sur endetter à mort, à coups de marketing d'extorsion. Même si le commerce est utile dans une civilisation comme celle-ci, n'y faudrait-il pas un minimum de pudeur, de retenue ?
Il n'y a pas d'identité nationale, il y a l'Esprit d'un pays, et surtout d'une langue (...), les ésotéristes y voient tout simplement l'Archange de cette langue. Il n'est pas de définir une identité nationale, débat extrêmement dangereux, il est de ressentir l'Archange ! La France est un pays fascinant, laboratoire de nombreuses idées de valeur, d'actes méritant toute notre attention et notre respect, mais ce leitmotiv de "sang impur" est à prendre avec des pincettes. Dès que le sang est évoqué, voire invoqué, le dérapage guette, l'Histoire est replète d'exemples, passés et présents, montrant que le fait de mettre le sang en avant est, dans la très grande majorité des cas, séparateur, élitiste, détonnant.
La notion de "sang" est un terrain hautement miné, directement connoté aux concepts de "peuple élu", voire, de plus loin, "d'infidèles", idées qui ont généré et génèrent systématiquement chaos et souffrances.
Le sang et son évocation sont de la bombe. Du sang du Christ, transcendant, initiant la Terre en s'y écoulant, au sang versé dans toutes les guerres, au sang nationaliste, voire raciste, il y a l'infini des possibles et une dangerosité très élevée...
Georges Litvine
Juste une petite réflexion en passant.
Je trouve fort étrange de la part des "européanistes" de procéder à des comparaisons déplacées.
Nombreux sont les journalistes, commentateurs et protagonistes des instances qui, dès qu'ils en ont l'occasion, se complaisent à dire que la France se sort mieux de la krize que ses voisins européens, où situés en Europe.
"La France est le pays qui a le mieux tenu le choc...", et de citer les ravages de la crise en Angleterre, les difficultés allemandes, la régression de l'Espagne, etc. Ah oui, ça c'est vachement européen alors...
Quelle conscience de groupe, vraiment ! C'est choquant. Si nous sommes européanistes, c'est l'Europe qui prévaut, ou quoi ?!!! Nationalisme, quand tu nous tiens... Le concept d'Europe pouvant être vécu sur un mode tout aussi nationaliste d'ailleurs.
Cela me rappelle cette considération bouddhiste qui met en avant le fait que l'illumination ne sera réelle que lorsqu'il ne restera plus un seul être à illuminer.
Esprit de la Buddhi, quatrième plan des théosophes. Plan dialectique sur lequel l'Ame est à la fois individuelle et collective, eh oui...
Pour en revenir à la pseudo crise, un petit a parte fondé sur la bonne vieille théorie du complot : ne trouvez-vous pas qu'elle a été bien construite, bien amenée, bien "contrôlée" cette petite krize ? Les petits porteurs ont été joyeusement ponctionnés. Il est vrai que la bourse est un jeu, l'expression "jouer en bourse" l'atteste, et que personne n'oblige qui que ce soit à prendre les risques inhérents à cette forme patentée de spéculation.
Georges Litvine
